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Le Salon ERA 2017 a été inauguré par la Ministre de l’Environnement Mme Fatma Zohra Zerouati et Monsieur Mustapha Guitouni, Ministre de l’Energie dont voici le discours de l’inauguration :

DISCOURS DE MONSIEUR MUSTAPHA GUITOUNI, MINISTRE DE L’ENERGIE LORS DE L’INAUGURATION DE ERA 2017

Madame la Ministre de l’Environnement,
Monsieur le Wali
Mesdames et messieurs les sénateurs
Mesdames et messieurs les députés,
Mesdames et messieurs, honorables invités.

C’est toujours un privilège d’être ici, à Oran, pour procéder à l’ouverture de ce salon dont la renommée n’est plus à démontrer et qui est placé sous le haut patronage de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Abdelaziz Bouteflika. Je commence donc par féliciter les organisateurs pour leur professionnalisme et les efforts qu’ils ont maintenus durant les 8 dernières années afin de promouvoir les énergies renouvelables et le développement durable.

J’ai aujourd’hui l’opportunité de partager avec vous notre vision en matière de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique sur le court, moyen et long terme. Elle s’appuie, comme vous le savez, sur un volet industriel qui rend possible l’intégration nationale, de façon graduelle mais certaine, dans le but d’optimiser la portée économique des projets que nous voulons mener.

Nous avons réalisé la première phase du programme national des ENR adopté en 2011 et mis à jour en 2015 et nous nous apprêtons à engager la seconde pour atteindre le mix énergétique attendu à l’horizon 2030 – 2035 en application des directives du Président de la République visant à poursuivre et redynamiser le programme, élevé au rang de priorité nationale.

La baisse qu’ont connu les investissements en faveur des renouvelables de par le monde, de même que le caractère précaire de la reprise économique, ralentissent l’atteinte des objectifs fixé lors de la COP21, dans (’accord de Paris sur le climat que l’Algérie a ratifié.

En même temps, les défis qui découlent de ces contraintes et que nous devons surmonter en Algérie nous obligent. Elles nous mettent devant nos responsabilités et nous forcent à canaliser nos efforts autour de projets concrets destinés à la satisfaction de la demande nationale en énergie.

Aussi, je veux, devant vous, réitérer l’engagement du Gouvernement à continuer à faire des renouvelables une priorité nationale.

L’enjeu dont il est question est beaucoup trop important pour que nous le remettions au second plan. Nos objectifs, nous les maintenons parce que nous devons pouvoir léguer à nos enfants de quoi assurer leur développement et leur bien-être.

Nous ne pouvons pas accepter de priver les générations futures de ce qui va constituer pour eux l’élément essentiel de croissance. Quel avenir y aura-t-il sans énergie ? Comment dresser des remparts contre la mal-vie et la précarité sociale sans énergie ? La réponse, nous la connaissons : les énergies de demain, ce sont celles que nous engageons aujourd’hui et elles ne peuvent être que renouvelables. Voici pourquoi nous maintenons nos efforts et voici pourquoi nous devons continuer à agir.

Mesdames et messieurs,
La technologie a fait des progrès significatifs dans le domaine des énergies propres et renouvelables. Nous observons de par le monde comment les mix énergétiques se diversifient. Les industries se convertissent et les économies se transforment en conséquence. Cela ouvre des perspectives économiques nouvelles et cela nous amène à penser l’avenir en n’occultant pas ce qui va fondamentalement le constituer.

Il reste encore beaucoup de progrès à faire dans notre pays. Mais nous avons déjà réalisé ce qui nous permettra d’aller plus loin.

Nous pouvons déjà nous réjouir d’avoir réalisé et relié au réseau national près de 380 MWc en énergie renouvelable produits par 22 centrales photovoltaïques, une centrale hybride et une ferme éolienne. J’ai moi-même visité toutes ces installations dans les 14 wilayas où elles sont implantées dans le sud et les hauts plateaux et j’ai mesuré l’envergure de ce qui a été fait mais aussi de ce qui reste à faire.

Cette première phase du programme m’a permis d’identifier les contraintes et les défis qui pourraient se dresser devant le développement des énergies renouvelables à grande échelle. Cela m’a conforté aussi dans ma conviction de poursuivre ces efforts pour atteindre les 4 000 MW que nous nous sommes fixés à moyen terme tout en réussissant l’option industrielle. Cette option est capitale si nous voulons pérenniser la filière et créer de la richesse et de l’emploi en Algérie. C’est également la meilleure façon de sécuriser et de diversifier nos ressources énergétiques. Pour réussir, il y a, à mon sens, deux conditions :

La première, c’est de donner une trajectoire. Et c’est justement ce que le plan national des ENR a tracé en prévoyant 47 à 51 TWh à l’horizon 2030 suivant les orientations de Son Excellence le Président de la République.

La seconde, c’est de mettre en place une véritable activité économique orientée vers les énergies renouvelables grâce à l’industrie locale.

Allier l’intégration nationale et les énergies renouvelables à grande échelle, telle est l’équation que nous avons à résoudre ensemble.

Le Gouvernement œuvre par ailleurs à rendre incitatif notre cadre législatif et règlementaire pour la production et la commercialisation des ENR. Nous voulons surtout libérer les initiatives et les investissements privés dans ce domaine car, comme vous le savez, il y a une véritable niche pour les petites et moyennes entreprises qui ne demandent qu’à être sollicités. Tous les éléments de la chaine de valeurs des renouvelables, notamment l’engineering, les équipements et la construction sont des vecteurs de création de richesse localement. Il est donc indispensable de s’approprier toute la chaine de fabrication des équipements de conversion parce qu’il n’est pas question d’installer du renouvelable en recourant aux importions.

Dans cette perspective, nous avons réalisé un atlas national des gisements solaires et des sites à haut potentiel éolien qui donnera de la vision aux investisseurs. A ce propos, je voudrai vous dire que nous restons attentifs aux préoccupations et contributions des acteurs institutionnels, économiques ou universitaires et, même de tous les intervenants nationaux, en vue d’intégrer leurs apports dans la dynamique insufflée par notre action.

Mesdames et messieurs,
Le salon qui nous réunit aujourd’hui et l’engouement qu’il suscite montre bien à quel point les Algériens sont sensibles aux questions liées aux renouvelables et à l’efficacité énergétique. Il nous appartient de répondre à ces préoccupations.

Concernant l’efficacité énergétique, sachez que tous les efforts de développement que nous accomplissons ne seront pas, d’un point de vue économique et même éthique, porteurs de bienfaits s’ils ne sont pas adossés à une politique d’efficacité énergétique efficiente. Nous devons nous engager à réduire substantiellement le gaspillage d’énergie. Nous ne pouvons pas continuer à user de l’énergie comme nous le faisions par le passé. Aussi, il est grand temps de travailler pour que l’énergie serve la création de richesse et d’emploi.

S’agissant des énergies renouvelables, certains nous reprocheront notre ambition de maintenir nos objectifs, vu les difficultés financières actuelles. Je réponds qu’il serait regrettable de s’assigner des objectifs revus à la baisse, dans un domaine aussi stratégique et qui a trait à l’avenir de notre pays, par crainte de les manquer.

Les difficultés sont passagères et nous les surmonterons. Cela ne nous empêchera pas d’avoir de la vision et de nous projeter au-delà des obstacles d’aujourd’hui. Pourquoi ne pas voir en notre pays un espace où seront développés les renouvelables à grande échelle tout en étant leader en intégration nationale et en devenant une base arrière industrielle pour l’export, notamment dans un continent dans la croissance est prometteuse comme l’Afrique ?

Sur cette note d’optimisme, je vous remercie de votre attention et je déclare, avec vous, cette huitième édition de « ERA 2017 » ouverte.